- Auteur: Johnny Liu (PDG de Dowway Vehicle)
- Date de publication : 30 juin 2026
- Citation académique et remerciements : Cet article s’appuie sur les résultats techniques et les données publiés le 12 juin 2026 par Li Quandang (ingénieur principal à l’Institut de recherche sur les technologies des véhicules à énergies nouvelles).
- Temps de lecture : 8 minutes
Table of Contents
TL;DR
Le réseau CAN (Controller Area Network) est un système de communication à câblage partagé permettant aux calculateurs électroniques (ECU) de communiquer entre eux sans ordinateur central. Il utilise une signalisation différentielle pour bloquer les interférences, résout les conflits de données de manière fluide grâce à la priorité des identifiants de messages et intègre un système de suivi des erreurs matérielles qui désactive automatiquement les nœuds défectueux afin de garantir la sécurité du reste du système.
1. Qu’est-ce qu’un bus CAN ?
Imaginez le nombre de capteurs et de contrôleurs qui fonctionnent à bord d’une voiture ou d’un robot industriel aujourd’hui. Si chaque capteur nécessitait un câble dédié pour se connecter à chaque ordinateur, le véhicule serait encombré de centaines de kilos de câbles en cuivre.
C’est là qu’intervient le bus CAN. Développé par Bosch dans les années 1980, le CAN remplace le câblage point à point complexe par une « autoroute de l’information » partagée.
Sur ce réseau unique, des dispositifs comme le calculateur moteur (ECU), l’ABS, le combiné d’instruments et le système de gestion de la batterie (BMS) envoient et reçoivent des paquets de données via le même câblage. Cela simplifie le câblage, réduit les coûts et allège le système.
2. Principales caractéristiques du bus CAN
Plusieurs caractéristiques clés font du CAN le choix idéal pour les environnements exigeants et en temps réel.
A. Configuration multi-maître (sans hôte central)
Dans un réseau CAN, tous les nœuds sont égaux. Aucun ordinateur maître ne contrôle les communications entre les appareils. Dès que la ligne est libre, n’importe quel nœud peut commencer à transmettre des données. Si un nœud tombe en panne, le reste du réseau continue de fonctionner sans interruption.
B. Adressage par ID de message (Contenu plutôt que destination)
Contrairement aux réseaux Ethernet ou IP, le réseau CAN n’utilise pas d’adresses de périphérique. Il attribue plutôt à chaque message une étiquette unique. ID du message qui décrit les données elles-mêmes.
Tous les nœuds reçoivent le message. Ils utilisent des filtres matériels pour décider de le lire ou de l’ignorer. Ainsi, une seule transmission peut mettre à jour simultanément plusieurs parties du système.
| ID du message | Contenu des données | Cas d’utilisation pratique |
| 0x100 | Régime moteur | Envoie le régime moteur en temps réel au tableau de bord et à la transmission. |
| 0x101 | Vitesse du véhicule | Transmet les données de vitesse à l’affichage tête haute, à l’ABS et à la direction assistée. |
| 0x200 | Tension de la batterie | Le BMS transmet la tension de la batterie au contrôleur moteur principal |
| 0x300 | Température | Transmet les relevés thermiques aux ventilateurs de refroidissement de la batterie et au système de climatisation. |
C. Arbitrage sans collision (non destructif)
Lorsque plusieurs nœuds tentent de communiquer simultanément, le protocole CAN utilise des identifiants de message pour déterminer qui parle en premier sans perte de données.
En logique CAN :
- 0 est un bit dominant (fort).
- 1 est un bit récessif (faible).
À mesure que les nœuds transmettent les données bit par bit, ils surveillent le réseau. Si un nœud envoie un 1 (faible) mais reçoit un 0 (fort) sur la ligne, il en déduit qu’un message prioritaire est en cours de transmission. Il cesse immédiatement d’émettre et passe en mode écoute. Le message ayant l’identifiant le plus faible est toujours prioritaire et est transmis sans délai ni altération.
Exemple d’arbitrage :
| Nœud | Tentative d’identification | Niveau de priorité | Résultat |
| Nœud C | 0x080 | Le plus haut | Victoire ; envoi du message complet sans délai |
| Nœud A | 0x100 | Moyen | Il renonce à mi-chemin et réessaie plus tard. |
| Nœud B | 0x200 | Le plus bas | Il renonce rapidement ; il réessaie plus tard. |
D. Vitesse en temps réel réelle
En attribuant aux systèmes de sécurité (comme les freins ou les contrôleurs de batterie) les numéros d’identification les plus bas, les ingénieurs garantissent un accès immédiat au réseau. Le protocole CAN est ainsi parfaitement adapté aux boucles de régulation à réaction rapide.
E. Grande immunité au bruit (signalisation différentielle)
Les voitures et les chaînes de montage industrielles sont saturées de parasites électriques. Le protocole CAN gère ces parasites à l’aide de deux fils : CAN_H (Élevé) et CAN_L (Faible).
Le récepteur mesure l’écart de potentiel entre les deux fils :
Si des interférences électromagnétiques affectent le câble, elles modifient la tension de manière identique sur les deux fils. Comme le récepteur ne détecte que la différence de tension entre ces deux fils, les interférences sont totalement annulées.
F. Contrôles d’erreurs au niveau matériel
Le protocole CAN intègre des routines de vérification, notamment :
- Sommes de contrôle (CRC)
- Surveillance des bits
- Vérifications de format
- Signalisation ACK automatique
Si un nœud rencontre un problème physique, il analyse ses propres erreurs et se met en retrait avant qu’elles ne puissent perturber le reste du bus.
3. La couche physique : tensions et résistances
Pour assurer un flux de données fluide, les câbles physiques doivent répondre à des normes spécifiques.
Niveaux de tension : dominant vs récessif
Les états physiques sur le câble correspondent directement à des données binaires :
| État logique | Valeur binaire | Tension CAN_H | Tension CAN_L | Tension différentielle (Vdiff) |
| Récessif | 1 | |||
| Dominant | 0 |
Le Résistances de terminaison
Vous devez placer un résistance aux deux extrémités de la ligne principale.
- Pourquoi? Les signaux électriques se propagent rapidement. Lorsqu’ils atteignent l’extrémité d’un fil électrique non isolé, ils rebondissent comme un écho, déformant les bits suivants.
- La solution : Le
Les résistances sont adaptées aux propriétés physiques du fil à paires torsadées, absorbant l’énergie du signal et maintenant la ligne dégagée.
- Note: Placez-les uniquement aux deux extrémités du réseau, jamais sur des nœuds de branche individuels, car un trop grand nombre de résistances entraînerait une consommation de courant excessive.
4. Vérification des erreurs et auto-isolement
La grande fiabilité du protocole CAN provient de sa capacité à gérer les dysfonctionnements et les nœuds défectueux.
Cinq façons dont CAN détecte les erreurs
- Erreur CRC : Le récepteur recalcule la somme de contrôle du message. Si elle ne correspond pas à la valeur envoyée, il signale une erreur.
- Erreur binaire : L’émetteur lit la ligne au fur et à mesure qu’il parle. S’il envoie un bit dominant mais reçoit un bit récessif (ou inversement), il s’arrête.
- Erreur de bourrage : Pour synchroniser les horloges, le protocole CAN insère un bit de signe opposé après cinq bits identiques consécutifs. Si un nœud détecte six bits identiques consécutifs, il signale une erreur.
- Erreur de formulaire : Les champs à format fixe (comme les délimiteurs) doivent être récessifs. S’ils apparaissent comme dominants, il s’agit d’une erreur de formulaire.
- Erreur ACK : Le destinataire doit activer le canal ACK pour confirmer la réception. À défaut, l’expéditeur signale une erreur ACK.
États d’auto-quarantaine
Chaque nœud possède deux compteurs internes : le compteur d’erreurs de transmission (TEC) et le compteur d’erreurs de réception (REC). En fonction de ces valeurs, un nœud fonctionne dans l’un des trois états suivants :
- Erreur active (normale) : Le nœud communique normalement. Lorsqu’il détecte une erreur, il envoie un indicateur d’erreur active (6 bits dominants) pour forcer tous les autres nœuds à ignorer la trame erronée.
- Erreur-Passive (Restreinte) : Si les erreurs s’accumulent, le nœud passe dans cet état. Il peut toujours communiquer, mais ne peut envoyer que des indicateurs d’erreur passifs (6 bits récessifs), ce qui signifie qu’il ne peut pas interrompre les nœuds fonctionnels.
- Bus hors service (isolé) : Si le nœud continue de tomber en panne (TEC dépasse 255), le contrôleur coupe complètement le nœud du fil physique, garantissant qu’une puce physiquement endommagée ne peut pas bloquer le reste du système.
5. Avantages et inconvénients de la CAN classique
Le bien
- Très flexible : Il est facile d’ajouter ou de supprimer des nœuds sans modifier toute la configuration.
- Délai garanti : La conception basée sur les priorités permet de garantir des systèmes de sécurité rapides et prévisibles.
- Difficile: La résistance intégrée au bruit et la coupure automatique des nœuds protègent le système.
- Bon marché: Utilise une simple paire de fils légers.
Le Mauvais
- Charge utile réduite : Le CAN classique ne peut transporter que 8 octets de données par trame.
- Limitation de vitesse: La vitesse maximale est 1 Mbps, qui diminue sur les longues distances.
- Retards de circulation : En cas de forte charge, les messages de faible priorité sont repoussés.
- Sensible à la mise en page : Nécessite un raccordement correct des câbles et un acheminement propre.
6. Où le bus CAN est-il utilisé ?
- Automobile: Assure la liaison entre les composants du groupe motopropulseur, les systèmes de sécurité, les systèmes ADAS et l’électronique de la carrosserie.
- Véhicules électriques (VE) : Permet de connecter les systèmes de gestion de batterie (BMS) aux contrôleurs de moteur et aux ports de charge.
- Usines et robotique : Coordonne les moteurs, les capteurs et les actionneurs des bras.
- Machinerie lourde : Fonctionne sur les systèmes embarqués dans les camions de chantier, les tracteurs et les navires.
7. L’étape suivante : CAN FD (Flexible Data-rate)
Avec l’essor des véhicules modernes et des usines intelligentes, qui exigent toujours plus de données, le réseau CAN classique atteint ses limites. Pour rester compétitifs, les ingénieurs utilisent… CAN FD.
Améliorations clés
- Plus de données : La charge utile passe de 8 octets à 64 octets par cadre, ce qui réduit les frais d’emballage.
- Deux vitesses : Il utilise la vitesse standard (jusqu’à 1 Mbps) pendant l’arbitrage pour éviter les collisions, mais passe à la haute vitesse (souvent) 5 Mbps ou plus) pour envoyer la charge utile de données réelle.
Cadre CAN classique :
┌─────────────────┬────────────────────┬──────────────┐
│ Arbitrage 1M │ Données (8 octets) │ CRC / ACK │ <– Le tout à 1 Mbit/s
└─────────────────┴───────────────────┴──────────────┘
Cadre CAN FD :
┌─────────────────┬─────────────────────── ───────────────────────────┬──────────────┐
│ Arbitrage 1M │ Données (jusqu’à 64 octets) à 5 Mbit/s │ CRC / ACK │
└─────────────────┴─────────────────────── ──────────────────────────┴──────────────┘
▲──────────────────────────────────────────────▲
Phase de charge utile à grande vitesse
Utilisations typiques du CAN FD
- Batteries pour véhicules électriques : Permet de transmettre en continu les données de capteurs haute densité provenant de milliers de cellules de batterie.
- Mises à jour du calculateur : Accélère la mise à jour du firmware lors de la fabrication ou de la maintenance.
- ADAS : Coordonne les réseaux de capteurs radar rapides, lidar et caméra.
8. Conclusion
Le bus CAN reste la norme de référence pour une bonne raison. En combinant une conception simple basée sur un câblage partagé avec des règles de priorité intelligentes, la réduction du bruit et des coupures de sécurité automatiques, il offre une communication économique, fiable et en temps réel.
Le protocole CAN classique gère toujours parfaitement les tâches de base, tandis que le protocole CAN FD prend le relais pour répondre aux exigences de haute vitesse, démontrant ainsi que cette famille de protocoles est là pour durer.
FAQ (Réponses aux questions fréquentes)
Q1 : Pourquoi un bus CAN a-t-il besoin de résistances de terminaison ?
Réponse courte : Pour absorber les échos des signaux électriques et prévenir la corruption des données.
Plus de détails : Sans Une résistance étant placée à chaque extrémité du bus, les signaux sont réfléchis le long du fil lorsqu’ils atteignent l’extrémité du câble, créant ainsi du bruit qui corrompt les données entrantes.
Q2 : Quelle est la différence entre les gènes dominants et récessifs ?
Réponse courte : Les bits dominants (0) remplacent les bits récessifs (1) sur le fil.
Plus de détails : Un bit dominant utilise une différence de tension active de entre les lignes, tandis qu’un bit récessif est un état inactif où les deux lignes flottent à la même valeur
. Si deux nœuds envoient des bits différents en même temps, le bit dominant (0) l’emporte.
Q3 : Comment CAN résout-il les collisions de données ?
Réponse courte : Par comparaison d’identifiants basée sur la priorité.
Plus de détails : Les nœuds surveillent le bus pendant la transmission de leur identifiant de message. Si un nœud envoie un bit récessif mais reçoit un bit dominant, il en déduit qu’un nœud prioritaire (avec un numéro d’identification inférieur) est en train de transmettre et se met en retrait.
Q4 : Les nœuds CAN classiques et CAN FD peuvent-ils partager le même fil physique ?
Réponse courte : Non, ils ne peuvent pas parler sur la même ligne sans pont.
Plus de détails : Si un contrôleur CAN classique détecte la phase de données à haute vitesse d’une trame CAN FD, il la lira comme une erreur de format et enverra un indicateur d’erreur, ce qui peut perturber ou faire planter l’ensemble du réseau.




